Claude Picher
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La GAM a la gestion de la Collection Claude-Picher, suite à une entente conclue entre la Ville de Matane, propriétaire de cette collection, et la Galerie d'art de Matane en 2004.
Claude Picher est né à Québec en 1927. Il commence à peindre à l’âge de
sept ans. Très tôt, il fait preuve de talent et se fait remarquer. Il
remporte plusieurs prix pour ses œuvres, et ce, dès l’âge de quatorze
ans. À dix-neuf ans, il fait une exposition solo au Palais Montcalm.
En
1945 et 1946, il étudie à l’École des beaux-arts de Québec. Il n’y reste pas
longtemps car il se rebelle contre le conformisme pédagogique. Il se
livre donc à des recherches personnelles à New York. Il obtient
une bourse du gouvernement du Québec et une du gouvernement français
qui lui permettent d’étudier en France. Il s’inscrit à l’École du
Louvre et à l’École nationale supérieure des beaux-arts. Il poursuit
ensuite ses études dans les principaux musées d’Europe.
De
retour à Québec, Picher continue sa production artistique tout en
entreprenant une carrière administrative. Il devient, entre autres,
directeur des expositions au musée du Québec de 1951 à 1958,
représentant de la Galerie nationale du Canada, à Ottawa, de 1958 à 1961
et directeur adjoint du musée du Québec en 1963 et 1964.
En
1973, Picher est élu membre de l’Académie royale des arts du Canada,
distinction dont il était très fier et dont le sigle R.C.A., (Royal
Canadian Academy of Arts), accompagne sa signature. Claude
Picher a reçu plusieurs prix dont le prix Lescarbot, la médaille
commémorative du 125e anniversaire de la Confédération et le prix
Mérite culturel gaspésien en 1992 en plus du prix du Duc d’Édimbourg en
1993. Le peintre a obtenu plusieurs bourses pendant sa carrière
dont trois bourses de la Fondation Elisabeth-Greenshields et deux
bourses du Conseil des Arts du Canada.
Arrivé à Matane en 1971
pour enseigner au cégep, Picher se retire de l’enseignement après
seulement quelques mois. Il s’installe alors sur une ferme de
Saint-Léandre pour se consacrer exclusivement à la peinture. Claude Picher s’est donné pour mission de peindre la Gaspésie, un coin de pays qui n’a pas été assez peint, selon lui.
En
1991, Picher fait don de 50 tableaux à la Ville de Matane et promet
d’en remettre 50 de plus, exploit qu’il réussit et dont les 100 toiles
forment la collection La Couleur de la Gaspésie actuellement gérée par
la Galerie d’art de Matane. Le peintre veut ainsi laisser un héritage à
sa terre d’adoption. C’est mon testament à ma terre d’adoption, la
Gaspésie. Elle m’a tout donné déclare-t-il. De plus, il veut intéresser
les jeunes à la culture en leur donnant la chance de voir, dans leur
milieu, les œuvres d’un peintre exposant dans le monde entier.
Il décède en 1998, à l’âge de 71 ans, des suites d’une longue maladie.

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Qu'est-ce que la peinture?
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[…] La peinture n’est pas une jolie décoration pour orner un mur. C’est
un combat continuel entre soi-même et la réalité. C’est un langage
formé de lignes et de couleurs qui doivent transcender la réalité, et
laisser entrevoir ce que le peintre sent intérieurement. […]
La peinture est l’art le plus ancien du monde.
Les hommes des cavernes,
il y a des millions d’années, ont laissé à l’histoire de l’art des
animaux gigantesques et extraordinairement puissants comme graphisme
[…]. Leur but n’était pas gratuit, ils voulaient mieux connaître dans
les détails l’animal qu’ils allaient tuer pour se nourrir et, en
quelque sorte, lui jeter un sort.
Donc, la peinture est le plus ancien des arts, et on sait que les
enfants commencent à dessiner avant de parler et d’écrire, puis ils
cessent généralement de le faire vers dix ans, quelques-uns à la
puberté. Pourtant, les peintres arrivent à la maturité très tard, en
général vers soixante ans ou soixante-dix ans. […]
Ce long apprentissage des peintres dépend du fait qu’il n’y a pas de
règles en peinture. La musique nécessite d’apprendre indéfiniment
l’harmonie et le contrepoint. La littérature oblige à des règles de
grammaire, le choix précis de chaque mot et un style cohérent.
Donc, peindre, c’est en somme dire ce que l’on est, ce que l’on ressent
avec des couleurs et des lignes. […] La peinture est une psychanalyse
de soi en couleurs.
Vous voyez que mes couleurs ne sont pas douces, sauf exception,
évidemment parce que je ne suis pas doux. Il est visible que mes ciels
aux couleurs dures et tourmentées viennent d’un homme tourmenté et
presque totalement inadapté à la société.
Or, la plupart des peintres peignent un sujet quelconque sans s’occuper
de savoir qui ils sont. Ainsi, leurs œuvres, aussi bien faites
soient-elles, n’ont qu’une valeur décorative, sans aucune profondeur. […]
Le but de la peinture n’est pas la beauté, Goya l’a montré en peignant
de vieilles femmes horriblement laides qui sont des chefs-d’œuvre.
C’est l’émotion que l’on ressent devant telle peinture quel qu’en soit
le sujet. […]
On doit être dans la vie comme dans sa peinture puisqu’elle est notre portrait mental. […]
(Claude Picher [17 juin 1993])
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